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Aujourd’hui dans les pays européens, le système classique de travail est de plus en plus mis en cause. Les lenteurs administratives, la législation en vigueur en matière de droit de travail et les charges patronales sont au cœur des critiques. Beaucoup de personnes tournent le dos à ce système traditionnel qui ne garantit pas forcément l’indépendance financière pour se lancer dans l’autoentrepreneuriat. En France, plus de cinq cent mille (500 000) entreprises sont lancées chaque année. Mais sachez que débuter sa petite entreprise et surtout assurer sa survie pour qu’elle ne soit pas une mort-née n’est pas une mince affaire. Nous avons élaboré pour vous, des astuces et une liste d’étapes à suivre pour mettre la chance de votre côté dans ce projet entrepreneurial.

1-   Ayez une idée claire de ce que vous voulez

Avant de vous lancer dans la création proprement dite de votre entreprise, soyez sûre de savoir exactement ce que vous voulez. Vous ne pouvez pas démarrer un projet si important sur la base d’idées floues ! Sachez que le chemin que vous êtes sur le point d’emprunter est parsemé d’embûches et que tout n’est pas rose dans la vie d’un entrepreneur ; vous ne pouvez donc pas vous permettre de vous y engager sans vous préparer au mieux. Vous n’avez pas forcément besoin d’une idée originale ; vous pouvez reprendre une idée d’entreprise préexistante tout en y ajoutant votre touche personnelle pour faire la différence.

Définissez clairement votre business modèle. Quelles sont les activités que vous comptez mener et comment comptez-vous les exercer ? Votre idée, apporte-t-elle une solution à un besoin de la société ? Une fois convaincu d’avoir, une idée solide, confrontez ensuite votre idée d’entreprise à la réalité en vous posant les bonnes questions. Enfin, testez l’efficacité de cette idée.

Posez-vous les bonnes questions

Après avoir défini clairement ce que vous voulez, l’étape suivante est de confronter votre idée d’entreprise à la réalité pour voir si elle tient la route ou pas. C’est le moment de vous poser les bonnes questions. Apportez des réponses personnelles et subjectives à ces interrogations.

Quelles sont vos réelles motivations ? Qu’est-ce que vous aimez faire ? Pourquoi voulez-vous créer cette entreprise ? Pour débuter une petite entreprise, il faut consacrer beaucoup d’énergie et de temps. Il vaut mieux vous lancer dans un domaine qui vous passionne. L’affection pour ce que vous faites vous donnera le courage de tenir, d’avancer, de ne jamais baisser les bras même pendant les plus grandes tempêtes. Alors, plus vous aimez ce que vous faites, plus vous vous donnerez à fond et maximisez ainsi vos chances de réussite.

Quels sont vos atouts et faiblesses ? Quelles compétences avez-vous ? Êtes-vous un bon commercial ? Avez-vous la facilité de convaincre ? Les réponses franches et lucides à ces questions vous aideront à connaître vos points forts et à avoir l’humilité de reconnaître vos points faibles. Ainsi, vous engagerez des experts pour vous accompagner dans les domaines dans lesquels vous n’avez pas assez de connaissances.

Testez votre idée

Cette étape est très importante, car elle vous permet d’éviter de vous lancer dans un projet irréalisable et non rentable. Même si cette phase peut parfois être décourageante, ne jetez pas l’éponge ! Gardez à l’esprit qu’un échec est tout simplement une occasion pour réajuster votre projet et d’en élucider les points d’ombre. La meilleure manière de tester votre projet est de vous mettre à la place d’un investisseur et de vous imaginer les questions que vous auriez posées si les rôles étaient inversés. Avant de prendre le risque de vous accompagner, tout investisseur s’assurera de la rentabilité, de la pérennité et de la possibilité d’exploitation de votre projet à long terme.

Les investisseurs s’attardent beaucoup plus sur la différence que votre idée peut apporter comparée aux idées développées par les entreprises déjà existantes. Quel est le problème ou le besoin auquel votre projet répond ? Votre projet, peut-il apporter un plus sur le marché ? Les potentiels futurs clients ont-ils réellement besoin des services que vous comptez offrir ? Ont-ils intérêt à débourser de l’argent pour allouer vos services ? Autant de questions qui nécessitent une réponse honnête et réaliste.

L’autre moyen de challenger votre idée est de la soumettre à votre entourage pour avoir des avis critiques dessus.

2-   Réalisez une étude de marché avant de débuter votre petite entreprise

Vous devez obligatoirement faire une analyse approfondie du nouveau monde dans lequel vous comptez entrer pour vous préparer en conséquence. Vous lancer à l’aveuglette sans explorer le marché pourrait être une erreur fatale. Cette étape est fondamentale dans le sens où elle vous permet de vous faire une idée sur l’état du marché afin d’élaborer les stratégies qu’il faut pour adapter votre future entreprise. En terme plus simple, l’étude du marché vous permet d’examiner la viabilité et la faisabilité de votre activité.

En tenant compte des tendances et réalités du marché, à quel niveau se positionne l’activité que vous comptez mener ? Quelles sont les contraintes que présente actuellement le marché ? Quels sont les potentiels concurrents ? Quel est le profil de consommateurs ou de clients que vous recherchez ? Que dit la loi à propos de votre future activité ? Autant de questions auxquelles seule une étude bien faite pourra répondre. Mais les points les plus importants à ce niveau sont la clientèle que vous ciblez et vos potentiels futurs concurrents.

La clientèle ciblée

Il s’agit de définir le profil de personnes auquel les services que vous proposerez sont dédiés. Vous ne pouvez pas par exemple cibler des hommes pour une boutique de lingerie féminine ni des personnes âgées pour un commerce de sucreries. Après avoir soigneusement défini le profil de clients, demandez-vous si ces personnes auront réellement besoin de vos services.

Vos services peuvent bel et bien représenter un besoin sans pour autant mériter qu’on débourse de l’argent pour les louer. Par exemple, si vous proposez des services de nettoyage à une femme au foyer, il faudra que vos services soient assez convaincants pour qu’elle ne préfère pas passer l’aspirateur elle-même et économiser son argent.

Concurrence

Élaborez la liste des entreprises qui offrent les mêmes prestations de services que vous comptez offrir. Il ne s’agit pas de leur faire la guerre ou de vous lancer sur le chemin de la concurrence déloyale. Mais vous devez les observer, maîtriser leur fonctionnement, leurs points forts et leurs faiblesses. Il s’agit en quelque sorte d’élaborer votre stratégie en tenant compte des faiblesses de votre ennemie comme cela se fait en guerre. Mais notez bien que vos concurrents ne sont pas vos ennemis ; ils ne représentent pas le côté obscur de la force. Ils sont uniquement vos adversaires.

Vous pouvez copier une partie de leur stratégie, mais en prenant le soin de le modifier et de le personnaliser. Voyez le bon côté de la chose. La concurrence vous motivera à vous surpasser et cette rage de vouloir être en avance sur les entreprises concurrentes sera bénéfique pour l’évolution de votre entreprise. Alors, ne paniquez pas devant la concurrence !

3-   Penchez-vous sur le volet financement

Planifier le financement est sans doute l’une des étapes les plus cruciales dans la préparation de votre projet. Le financement est comme l’oxygène ; il est indispensable à la réalisation de votre projet. S’il venait à manquer, alors sachez que votre projet sera un mort-né aussi promettant qu’il puisse être.

Pour connaître approximativement les coûts initiaux du lancement de votre future activité, vous devez établir un plan prévisionnel des financements. Notez qu’avec un plan prévisionnel sérieux et bien détaillé vous aurez plus de chance de gagner la confiance des éventuels prêteurs, partenaires et investisseurs. Il est fortement recommandé de vous faire aider par un expert-comptable dans ce processus. Ils sont mieux placés pour faire les déclarations d’impôts, de taxes, la tenue de livres, etc. Ils vous donneront même plusieurs astuces que vous ignorez. Après le plan prévisionnel, il faut songer aux moyens d’obtention des fonds et passer en revue les aides dont vous pouvez bénéficier.

Cherchez le financement de votre entreprise

Cette étape vous permet de réaliser si économiquement, votre projet est réalisable ou pas. Il existe plusieurs moyens de rechercher le financement nécessaire au lancement de votre entreprise. Nous vous proposons quelques sources essentielles de financement d’entreprise.

Le financement interne : il s’agit de rechercher des associés qui seront à même de financer une partie de votre projet. Ce type de financement regroupe les apports en compte courant des associés et les apports constitutifs du capital social. En contrepartie, vos associés auront des actions dans votre entreprise.

Le financement bancaire : il s’agit de faire un prêt auprès des banques pour monter votre boite. Les établissements financiers offrent d’ailleurs plusieurs types d’accompagnement financiers (prêt à l’affacturage, à la création, prêt d’entreprise, etc.) aux entrepreneurs. Prenez conseil auprès de votre banquier.

Les appuis financiers du gouvernement : le gouvernement encourage l’entrepreneuriat en fournissant divers types d’aides aux personnes désireuses de se lancer dans l’entrepreneuriat. Nous avons les ARCE, ARE, NACRE, ACCRE etc. Rapprochez-vous de la chambre de commerce pour avoir les informations sur le dispositif existant et les conditions à remplir pour en bénéficier.

Le financement externe : ce type de financement est généré par les fonds d’investissement, le capital-risque ou le crowfunding (système de financement participatif).

Vous pouvez également compter sur vos propres moyens financiers (apports personnels), sur l’aide de vos proches (love money), sur le socio financement ou une campagne de financement en ligne. Le choix du type de financement se fera en fonction des réalités de votre projet d’entreprise.

4-   Choisissez la structure juridique de votre entreprise

Plusieurs entrepreneurs ont des difficultés à choisir la forme juridique à donner à leur entreprise à cause de la délicatesse de cette phase. Le choix de la structure juridique doit être pris très au sérieux, car, une fois fait, il engendrera des conséquences juridiques en termes de fiscalité, de régime social, de responsabilité et de rémunération et autres. Ce choix se fait en fonction de vos besoins, des activités que vous comptez mener, de votre situation financière et personnelle. Pour commencer, vous pouvez passer en revue les formes individuelle et sociétaire pour voir ce qui convient le mieux à votre projet d’entreprise.

L’entreprise individuelle (auto-entrepreneur) : cette forme juridique est particulière, car elle confond la personne physique que vous êtes à la personne morale de votre entreprise. Cela veut dire que votre entreprise et vous ne faites qu’un. Cette structure juridique présente des avantages (faibles coûts d’imposition, pas de taxe sauf CFE), mais aussi des inconvénients  que vous devez maîtriser pour ne pas être surpris.

Si vous choisissez cette forme juridique pour votre entreprise, vous aurez l’avantage de bénéficier d’une large liberté d’action. Vous pourrez gérer votre entreprise à votre guise sans être inquiété. Mais attention ! En cas d’endettement de l’entreprise, le seul responsable sera vous encore qu’il y aura une fusion entre votre patrimoine personnel et celui de l’entreprise. L’entreprise individuelle a d’autres conséquences comme l’impossibilité de bénéficier des financements internes.

L’entreprise sociétaire : Vous pouvez opter pour la forme sociétaire pour votre entreprise. Le premier avantage de cette entité juridique est qu’il n’y a pas de dépendance entre la personnalité morale de l’entreprise, votre personnalité physique et celle de votre ou vos associés. Il existe d’ailleurs plusieurs formes d’entreprises sociétaires (société à responsabilité limitée, société par actions simplifiée, société anonyme  …) et la responsabilité des co-fondateurs, le régime fiscal, social, diffère en fonction de la forme de société adoptée.

Vous devez vous renseigner sur les avantages et inconvénients de ces différentes formes de société pour finalement choisir celle qui est la mieux adaptée à vos attentes. Notez que la forme sociétaire peut être contournée pour donner l’aspect d’une entreprise individuelle ; une société avec un seul associé. C’est le cas avec les sociétés par actions simplifiées unipersonnelles (SASU) et les entreprises unipersonnelles à responsabilité limitée (EURL).

Démarrer une petite entreprise et connaître ses obligations

5-   Rédigez les statuts de votre entreprise

La rédaction des statuts est une phase cruciale dans la création de votre entreprise. Les statuts représentent une sorte de représentant écrit de votre entreprise. Ils prennent en compte les aspects indispensables à l’existence d’une entreprise comme : l’objet social, la détermination des pouvoirs, le montant du capital social, les apports, la dénomination sociale, le siège social et autres. Les statuts se présentent obligatoirement sous forme écrite, car ils s’apparentent au contrat de société. La forme écrite est plus qu’une condition de validité des statuts ; elle est la preuve de l’authenticité de l’existence d’une entreprise.

Les statuts doivent être rédigés de manière assez courte et concrète. Les détails peuvent ensuite être ajoutés dans un pacte d’associés. Notez qu’il faut suivre une longue procédure et remplir de lourdes formalités avant de pouvoir modifier les statuts. C’est pour cette raison qu’il est recommandé d’éviter de les allonger et de faire recours au pacte d’associé par la suite.

Vu l’importance et la délicatesse de cette étape, il est conseillé de vous faire accompagner par un professionnel dans la rédaction des statuts de votre entreprise et du pacte d’associé. Les professionnels sauront mieux présenter ces documents tout en tenant compte des mentions obligatoires en fonction de la forme juridique de votre entreprise.

6-   Menez les démarches pour débuter officiellement votre petite entreprise

Après avoir rempli toutes les conditions énumérées plus haut, vous pourrez enfin entamer les démarches pour donner officiellement vie à votre petite entreprise. Il est finalement temps de vous occuper de la paperasse et des différentes démarches administratives. Vous devez obtenir les différents permis et licences nécessaires à l’existence de votre petite entreprise. En fonction de l’entité juridique de votre entreprise, rapprochez-vous des services administratifs habiletés à vos aider. Renseignez-vous sur les différentes réglementations. Rapprochez-vous du Registre du commerce et des sociétés, du Répertoire nationale des entreprises et du centre de formalité des entreprises pour immatriculer votre société.

Contactez vos fournisseurs de gaz, d’électricité, de téléphone, d’internet et d’eau, ou rendez-vous à la poste pour déclarer votre commerce. Dans les trois mois qui suivent l’immatriculation de votre entreprise, vous devez faire votre adhésion à la caisse de retraite et dans les cinq mois qui suivent l’immatriculation, l’adhésion au centre de gestion agréé. Créez un compte en banque pour votre entreprise.

Occupez-vous ensuite des formalités parallèles telles que l’enregistrement de votre marque, de votre brevet ou des droits d’auteur.

7-   Faites les derniers ajustements

Après avoir mené toutes les démarches administratives, tâchez de faire les derniers ajustements pour ne rien laisser au hasard. Pensez à l’emplacement de votre entreprise. Vous pouvez opter pour un bureau à domicile, ou louer un espace, mais le plus important est que le local de votre entreprise soit adapté au type de service que vous offrez.

Formez une équipe de choc. Choisissez des employés compétents, efficaces et assez dynamiques qui prendront le travail au sérieux afin de faire avancer votre entreprise. Vous avez travaillé assez dur pour débuter votre petite entreprise. Vous ne pouvez donc pas prendre le risque de mettre son avenir en péril en embauchant vos employés sur un coup de tête. Vous pouvez même engager un gestionnaire des ressources humaines pour vous aider.

Une fois votre petite entreprise implantée, la prochaine étape est de faire sa promotion pour doubler ses chances de réussite. Créez à cet effet un bon plan marketing. Faites des prévisions à long terme ne vous limitez pas uniquement sur les mois à venir.

Gardez à l’esprit que la gestion d’une entreprise n’est pas une tâche aisée et que le succès ne tombe pas du ciel. Il vous faut beaucoup de courage de persévérance, d’abnégation, de foi et un travail acharné pour faire réussir votre petite entreprise.

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